Artistes andorrans montent une pièce sur expulsion de 24h pour dénoncer la crise du logement
Les jeunes artistes de Les Somatents ont transformé une place publique de Sant Julià de Lòria en maison instable symbolique, endurant une journée en personnage pour critiquer les obstacles à l’accès au logement et en faire un droit universel, non une loterie.
Points cles
- Les Somatents ont joué 'Benvinguts al nostre desnonament' à la Plaça Calonge-Sant Antoni de Sant Julià de Lòria, de 21h vendredi à samedi.
- Quatre artistes de 22-27 ans ont vécu des routines dans une tente et un appartement de fortune, mêlant script et interactions réelles.
- Des centaines de participants à un sit-in solidaire ; backlash subi mais tournée prévue face aux expulsions andorranes.
- Dans le cadre du festival FesTac axé sur l’art d’endurance et les thèmes sociaux.
Une compagnie de théâtre de rue a mis en lumière la crise du logement en Andorre à travers une performance de 24 heures à Sant Julià de Lòria, transformant une place publique en foyer symbolique pour souligner les obstacles à un logement stable.
La pièce, *Benvinguts al nostre desnonament* (« Bienvenue à notre expulsion »), s’est déroulée de 21 h vendredi à la même heure samedi sur la Plaça Calonge-Sant Antoni. Créée par Les Somatents – un groupe de quatre artistes andorrans âgés de 22 à 27 ans issus de la première promotion de la Jove Companyia Nacional d’Andorra –, cette œuvre a été coproduite dans le cadre de la cinquième édition du festival de théâtre de rue FesTac. Les performeurs Maria Solsona, Laia Tarifa, Lua Roca et Daniel Abreu ont rejoué des routines quotidiennes comme cuisiner, dormir et discuter dans une tente et un appartement de fortune, mêlant dialogues scriptés et échanges en temps réel.
Un extrait du script remettait en cause le privilège : avoir un emploi, un logement ou une famille ne devrait pas être « une question de chance », mais un droit, les répliques soulignant que l’accès à un abri ne devrait pas dépendre du hasard. L’épreuve d’endurance consistant à rester dans le personnage pendant une journée entière mettait l’accent sur la tension physique et émotionnelle, plaçant l’espace public et la vie partagée au cœur de l’intervention. Elle affirmait que les difficultés liées au logement touchent au-delà de la jeunesse quiconque voit ses projets de vie entravés par l’inaccessibilité.
Le groupe avait présenté un avant-goût de l’œuvre le 3 octobre à l’Animal Escola de Teatre, après une résidence artistique à La Feréstec, l’espace de création de l’école. Samedi a attiré des centaines de festivaliers, qui ont participé à un sit-in de solidarité en clôture. Roca a déclaré que les expulsions en Andorre équivalaient à des « expulsions ». Tarifa espère que cela suscitera une prise de conscience durable, notant que les problèmes locaux diffèrent de ceux de Catalogne ou de Barcelone mais exigent une action. Solsona a souligné le coût des rencontres empathiques et des réactions hostiles, y compris des insultes de « perroflauta » et des critiques en ligne.
Des agents de la circulation de la police sont brièvement intervenus vers 4 h du matin face à des fêtards perturbateurs, mais l’engagement du public est resté fort dans l’ensemble. Les performeurs ont insisté sur le fait que la vulnérabilité liée au logement touche tout le monde, visant à déconstruire les stigmates de la faute de la victime. Roca a signalé des intentions de la monter ailleurs.
FesTac a connu une forte affluence samedi, avec des reprises dimanche incluant *Un 8* d’Inflable sur la perte, des spectacles locaux *Fe(minus)* et *Error 404: Identitat no trobada*, ainsi que la comédie d’espionnage *Espies* de Ka Teatre. La performance sur l’expulsion s’est distinguée par sa critique sociale incisive.
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