Tribunal constitutionnel andorran juge anticonstitutionnelles les enquêtes prolongées de la Batllia sur le blanchiment
Le Tribunal constitutionnel d’Andorre a donné raison à des suspects, déclarant inconstitutionnels les délais excessifs des enquêtes de la Batllia qui violent le droit à un procès rapide. Les décisions ouvrent la voie à des indemnisations.
Points cles
- Le tribunal a validé trois recours protégeant quatre personnes contre des enquêtes de la Batllia durant des années.
- Mesures comme gels de comptes sans procès ; indemnisations possibles pour dommages.
- Cas d’un Mexicain : plus de 10 ans en phase préliminaire sans complexité.
- Deux affaires de 2018 : délais de huit ans ; Batllia sommée de conclure rapidement.
Le Tribunal constitutionnel andorran a statué en faveur de trois recours, estimant que des enquêtes prolongées sur des cas présumés de blanchiment d’argent violaient le droit à un procès dans un délai raisonnable.
Dans ses décisions récentes, le tribunal a accordé une protection à quatre personnes—deux dans l’une des affaires—qui ont subi des mesures préventives telles que le gel ou la saisie de comptes pendant des années sans que leurs dossiers n’avancent vers un procès. Ces décisions, désormais publiques, permettent aux parties lésées de réclamer une indemnisation à l’État pour préjudices moraux et économiques.
La première affaire concerne un citoyen mexicain dont la phase préliminaire a été rouverte par la Batllia en 2019, après son arrestation au Mexique pour des liens présumés avec la criminalité organisée. La Batllia avait déjà examiné les soupçons de blanchiment entre 2016 et 2018 sans décision finale, puis avait imposé des blocages et saisies de comptes. Malgré des demandes répétées de classement sans suite et de levée des mesures, celles-ci ont été rejetées, et aucune décision n’a été prise sur une éventuelle mise en examen. Le tribunal a relevé l’absence de complexité exceptionnelle, d’autant que des juges spécialisés étaient en charge, et a jugé plus de 10 ans en phase préliminaire disproportionnés et contraires aux exigences de célérité légale. La Batllia doit agir dans les six mois—trois initialement, plus une prolongation de trois mois—pour remédier à la violation.
La deuxième affaire, datant de 2018, a vu la Batllia ouvrir une procédure et bloquer des comptes appartenant au principal suspect et à des membres de sa famille. Après des années de demandes de levée des mesures, un rejet de la Batllia en 2024 a conduit à un recours devant le Tribunal des Corts le 4 novembre 2024. Sans réponse après 14 mois, le requérant s’est tourné vers le Tribunal constitutionnel. La décision a écarté toute justification au retard dans le traitement du recours concernant une mesure de précaution sur les biens, ouvrant la voie à une indemnisation.
La troisième affaire de 2018 vise deux personnes et une société, avec saisies et blocages d’actifs. Après huit ans de progrès limités—y compris des retards dus à des commissions rogatoires internationales—, le tribunal n’a trouvé aucune base jurisprudentielle pour une telle durée. Il exhorte la Batllia à conclure la procédure dans les plus brefs délais et entérine les demandes d’indemnisation.
Ces décisions mettent en lumière des retards judiciaires récurrents dans les enquêtes pour blanchiment d’argent, l’une d’elles étant liée à des fonds de la défunte Banca Privada d’Andorra.
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