Andorre lance un pilote pour recruter 450 travailleurs non-UE dans l’hôtellerie hivernale
Le programme pilote cible les pénuries saisonnières avec des contrats de 9 mois max, obligations pour les employeurs et retour obligatoire hors Schengen. Soutien des entreprises, syndicats appellent à des réformes structurelles.
Points cles
- Pilote pour 450 postes non-UE, contrats jusqu’à 9 mois, imputés sur quota hivernal.
- Entreprises paient 50 % voyages et fournissent hébergement vérifié ; retour hors Schengen obligatoire.
- Ouvert à toute nationalité non-UE, pas limité à la Colombie.
- Syndicats critiquent l’absence de solutions au logement ; associations résidents saluent la réduction de l’irrégularité.
Andorre lancera cet hiver un programme pilote de « recrutement à la source », offrant 450 postes dans le secteur de l’hôtellerie-restauration pour pallier les pénuries saisonnières de main-d’œuvre.
L’initiative, présentée lundi au Conseil économique et social, vise des travailleurs non-UE avec des contrats allant jusqu’à neuf mois. Ces postes seront imputés sur le quota hivernal de travailleurs temporaires. Les travailleurs devront regagner leur pays d’origine ou un autre pays non-Schengen à l’issue de leur contrat. Les entreprises devront prendre en charge 50 % des frais de billet aller-retour et fournir un hébergement vérifié, tous les documents, offres d’emploi, salaires et logements étant confirmés avant l’arrivée.
La ministre de l’Économie, de l’Emploi et du Logement, Conxita Marsol, a décrit le projet comme le fruit de mois de discussions avec les acteurs économiques. « C’est un test pilote et nous verrons comment ça fonctionne, mais en principe tout le monde est d’accord pour avancer », a-t-elle déclaré. Le dispositif est ouvert aux travailleurs de tout pays non-UE, sans se limiter à la Colombie, permettant aux entreprises de puiser dans leurs réseaux établis dans des marchés comme l’Argentine ou le Chili.
Les dirigeants d’entreprises ont accueilli favorablement la mesure. Iago Andreu, directeur de la Confédération andorrane des entreprises, l’a qualifiée d’outil complémentaire pour fluidifier les flux migratoires saisonniers, sans être une solution complète. « Nous avions demandé que ce recrutement soit ouvert non seulement à la Colombie mais à d’autres nationalités », a-t-il noté, ajoutant que le succès ne sera évaluable qu’après le premier cycle l’an prochain.
Les syndicats ont exprimé de la prudence. Sergi Esteves, du Syndicat de l’enseignement public, a reconnu de légères améliorations en termes de stabilité mais a estimé qu’il ne traite pas les problèmes structurels comme le logement et la planification à long terme. Joan Torra, de l’Alliance syndicale andorrane, s’y est opposé frontalement, arguant qu’il repose sur des travailleurs de pays à faibles opportunités sans aborder les problèmes de fond tels que les pressions sur le logement ou les conditions précaires.
Les associations de résidents non-UE ont salué le plan. Marcelo Ponce, d’Argentinos en Andorra, a indiqué qu’il réduirait les problèmes d’immigration irrégulière comme les emplois au noir, voyant dans ces 450 places un démarrage prudent. Katherina Barbosa, de Colombianos en Andorra, a mis en avant la sécurité accrue pour les travailleurs, prédisant un engagement plus fort envers les employeurs.
Le gouvernement prévoit d’approuver sous peu des règlements spécifiques pour la saison hivernale 2026-2027. Le porte-parole du gouvernement, Guillem Casal, s’exprimant mercredi, a souligné son élaboration interministérielle et la readiness à procéder à des ajustements. Il l’a présenté comme un moyen d’institutionnaliser la sécurité juridique pour les travailleurs et les entreprises, distinct des 500 permis temporaires estivaux approuvés pour l’hôtellerie et la restauration — chiffre équivalent à celui de l’an dernier malgré les demandes d’augmentation de l’Association hôtelière andorrane.
Les résultats du pilote orienteront d’éventuels changements.
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