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Economie·

Chefs des retraites andorrans alertent sur une année perdue et pressent une réforme rapide face à l'explosion des coûts

Jordi Cinca et Marc Galabert ont averti les parlementaires qu'une année de plus a été perdue sans réforme. Ils prévoient un doublement des retraités d'ici 2040 et exigent des mesures sur naissances, immigration et cotisations pour éviter la crise.

Points cles

  • Ratio de dépendance passant de 3 à 2,6 contributeurs par retraité d'ici 2040, dépenses à 570 M€
  • Dépenses de retraites en hausse de 156 M€ en 2024 ; excédents en réduction sous pression démographique
  • FRJ : rendement de 6,39 % en 2025, supérieur aux benchmarks et pairs
  • Appel à réformes paramétriques ou structurelles, refus de l'inaction

**Jordi Cinca et Marc Galabert ont exhorté les politiques à agir rapidement sur la réforme des retraites, avertissant qu’une nouvelle année s’est écoulée sans progrès alors que les coûts augmentent et que le ratio contributeurs/retraités se réduit.**

Les présidents du Fons de Reserva de Jubilació (FRJ) et du conseil d’administration de la CASS, Jordi Cinca et Marc Galabert, se sont présentés mardi devant la commission législative des retraites du Consell General. Ils ont exprimé leur frustration face au manque d’avancées dans la réforme du système de retraites, soulignant que les tendances démographiques menacent sa viabilité à long terme.

Cinca a décrit la situation sans détour : « Il est évident qu’une nouvelle année a été perdue. » Il a rappelé que le ratio de dépendance actuel est d’environ trois contributeurs par retraité, mais que les projections indiquent une chute à environ 2,6 contributeurs par retraité d’ici 2040, avec un doublement du nombre de pensionnés. À ce moment, les dépenses annuelles de retraites pourraient atteindre 570 millions d’euros, nécessitant plus de 80 000 contributeurs — plus du double des 40 000 actuels — pour maintenir l’équilibre sans changements.

« Les causes justifiant une réforme sont claires et identifiées depuis des années », a déclaré Cinca, appelant les parlementaires à examiner ensemble les données sur les naissances, l’immigration, l’emploi et les retraites. Il a argué que les retards ne font qu’aggraver le défi, imposant des mesures plus sévères plus tard et raccourcissant les périodes de transition. Si le rôle du FRJ est de fournir des alertes techniques et des projections, Cinca a insisté sur le fait que les décisions reviennent aux politiques. « Tout modèle est légitime ; ce qui ne l’est pas, c’est de ne rien faire », a-t-il affirmé, citant des options allant d’ajustements paramétriques comme des cotisations plus élevées à des changements structurels intégrant une capitalisation.

Galabert a fait écho à cette urgence, jugeant la réforme « incontournable ». Il a noté que les dépenses de retraites sont passées de 156 millions d’euros en 2024 à des niveaux plus élevés, tandis que la branche retraite affiche encore des excédents — comme 27 millions d’euros récemment —, mais ceux-ci se réduisent. Le système pourrait tenir si la croissance reste autour de 2-2,5 % par an, bien que des crises comme les turbulences des marchés dues au conflit en Iran puissent accélérer les déficits. Les engagements fermes s’élèvent à 151-152 millions d’euros pour près de 196 000 contributeurs, potentiellement valant 410 millions d’euros aux valeurs actuelles.

Malgré ces préoccupations, le FRJ a publié de bons résultats pour 2025 : un rendement de 6,39 % supérieur à son indice de référence de 5,70 %, générant 105,4 millions d’euros de gains d’investissement et un résultat comptable net de 131,8 millions d’euros. Cela surpasse les fonds espagnols comparables (4,85 %), italiens (5 %) et de la zone euro, ainsi que les moyennes suisses. Pour 2026, les données provisoires jusqu’en mai montrent des rendements de 2,7-2,8 % et des actifs à 2 047,5 millions d’euros, malgré un creux en mars.

Cinca a défendu les études actuarielles face aux scepticismes de la conseillère social-démocrate Susanna Vela, affirmant que leurs tendances restent fiables malgré des écarts passés dus à une croissance plus forte. Les deux dirigeants ont appelé les groupes parlementaires à proposer des modèles pour une analyse d’impact, permettant une mise en œuvre progressive.

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