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Economie·

L'Andorre lance un pilote pour embaucher 450 travailleurs non-UE de l'hôtellerie cet hiver

Le gouvernement andorran met en place un dispositif pilote permettant aux entreprises hôtelières de recruter directement 450 travailleurs expérimentés hors UE pour des contrats allant jusqu'à neuf mois, afin de soulager les pénuries de personnel malgré des réactions mitigées des acteurs.

Points cles

  • Pilote pour contrats de 9 mois (déc-août) hors UE, déduits du quota hivernal.
  • Exigence : 2 ans d'expérience, docs préapprouvés ; min. 1 525,33 €/mois ; entreprises couvrent 50 % voyage et logement.
  • Entreprises saluent la fidélisation ; hôtels critiquent la durée ; syndicats craignent impacts logement/salaires.
  • CES approuve aussi 450 permis estivaux hôtellerie + 50 transfrontaliers, 150 secteurs essentiels.

**L'Andorre lance un programme pilote pour embaucher 450 travailleurs non-UE de l'hôtellerie cet hiver**

Le gouvernement andorran va introduire un programme pilote de « recrutement à la source » cet hiver, visant 450 postes dans le secteur de l'hôtellerie pour pallier les pénuries de main-d'œuvre chroniques. Présentée lundi au Consell Econòmic i Social (CES), cette initiative permet aux entreprises de recruter des travailleurs de tout pays non-UE avec des contrats allant jusqu'à neuf mois, de décembre à août. Ces places seront déduites du quota global temporaire hivernal.

La ministre de l'Économie, de l'Emploi et du Logement, Conxita Marsol, a indiqué que ce dispositif est issu de plusieurs mois de discussions avec les acteurs économiques et offrira une plus grande certitude aux employeurs comme aux travailleurs. Les recrues devront justifier de deux ans d'expérience préalable et arriver avec une documentation préapprouvée, incluant offres d'emploi, salaires et hébergement. Les entreprises devront prendre en charge 50 % des frais de billet aller-retour et prouver qu'elles peuvent loger les employés, qui percevront au minimum le salaire minimum mensuel de 1 525,33 € sans indemnités journalières. À la fin du contrat, les travailleurs devront quitter l'Andorre et l'espace Schengen, bien qu'ils puissent revenir après trois saisons de ce type pour prétendre au quota général d'immigration.

La communauté des entreprises a accueilli favorablement cette mesure comme un outil complémentaire. Le directeur de la Confederació Empresarial Andorrana (CEA), Iago Andreu, l'a qualifiée de « un instrument de plus » pour fluidifier les flux migratoires et relier les saisons hivernale et estivale, permettant aux entreprises de réembaucher des travailleurs familiers de pays comme l'Argentine ou le Chili. Il a noté que cela ne résoudrait pas tous les problèmes du marché du travail, mais pourrait aider à la fidélisation.

Le président de l'Unió Hotelera d'Andorra (UHA), Jordi París, a toutefois exprimé des réserves, arguant que les contrats de neuf mois désavantagent les petits hôtels ou saisonniers aux finances limitées et aux fermetures printanières. De telles structures ne peuvent pas maintenir la paie pendant les périodes creuses, a-t-il dit, et les entreprises doivent toujours calculer l'ensemble des coûts. París s'est interrogé sur le fait que les 450 places seraient toutes pourvues et a appelé à plus de souplesse, comme le transfert des places non utilisées vers les besoins estivaux.

Les syndicats ont exprimé des préoccupations plus vives. Le secrétaire général du Sindicat d’Ensenyament Públic (SEP), Sergi Esteves, l'a qualifié de solution partielle offrant une légère stabilité mais ne traitant pas les problèmes structurels comme la sécurité de l'emploi ou le logement. Le trésorier de l'Unió Sindical d’Andorra (USdA), Joan Torra, s'y est opposé frontalement, avertissant qu'il pourrait aggraver la crise du logement, favoriser la surpopulation et faire baisser les salaires en attirant des travailleurs vulnérables.

Le gouvernement prévoit d'approuver prochainement les règlements pour la saison hivernale 2026-2027, avec un bilan ultérieur. Par ailleurs, le CES a approuvé un quota hôtelier estival de 450 permis plus 50 pour les travailleurs transfrontaliers, identique à l'année dernière, et un acompte de 150 places du quota général pour les secteurs essentiels comme la santé et l'éducation.

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