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Economie·

Andbank a utilisé des virements fictifs pour blanchir de l'argent dans l'affaire Pujol

Des hommes d'affaires témoignent qu'Andbank déguisait systématiquement de gros dépôts en espèces en erreurs bancaires en faisant transiter les fonds par des comptes innocents.

Synthese a partir de :
Altaveu

Points cles

  • Andbank aurait crédité des fractions de gros dépôts en espèces sur des comptes de clients au hasard, créant l'illusion d'erreurs.
  • Des contre-virements du véritable bénéficiaire numérisaient et fragmentaient les fonds.
  • La pratique s'étendait des années 1980 au début des années 2000, pour des clients de haut profil comme la famille Pujol.
  • Les hommes d'affaires ont été blanchis après avoir expliqué les 'erreurs' à la police ; aucune réaction publique de la banque.

Des hommes d'affaires impliqués dans l'enquête de la police espagnole sur le scandale de la famille Pujol ont décrit un schéma d'erreurs bancaires apparentes chez Andbank, que les enquêteurs considèrent désormais comme une méthode délibérée pour blanchir de gros dépôts en espèces.

Selon des sources proches des clients d'Andbank affectés, la banque – anciennement connue sous le nom de Banca Reig – aurait utilisé cette technique dans les années 1980, 1990 et au début des années 2000, époque où les mouvements importants d'espèces étaient courants. Lorsqu'un client de haut profil déposait de grosses sommes en liquide, le personnel de la banque sélectionnait au hasard des comptes d'autres clients et y accreditait des fractions des fonds. Cela créait l'illusion d'un virement erroné. Les comptes des destinataires recevaient ensuite rapidement des contre-virements depuis le compte du véritable bénéficiaire, fragmentant ainsi l'espèce en soldes bancaires numérisés.

Sur les relevés de compte, ces opérations apparaissaient comme des transferts courants entre comptes plutôt que comme de gros influx d'espèces, ont indiqué les sources. Cette méthode protégeait les clients en vue du regard des autorités tout en répartissant le risque sur des comptes moins exposés. Elle ne se limitait pas à l'affaire Pujol ou à un banquier unique, mais constituait une pratique répétée et systémique, ont ajouté les sources.

Ce mécanisme a émergé lors du procès Pujol, où plusieurs propriétaires d'entreprises ont témoigné. D'autres avaient été interrogés plus tôt par la police nationale espagnole, qui enquêtait sur des commissions présumées reçues par des membres de la famille de l'ancien président catalan Jordi Pujol. Une partie de ces fonds avait transité par l'Andorre pour atterrir chez ce qui est aujourd'hui Andbank.

Les témoins ont raconté avoir reçu des crédits inexpliqués, les poussant à demander des explications à la banque. Le personnel a attribué ces mouvements à des erreurs, et l'affaire a été réglée sans suite – du moins jusqu'à l'intervention de la police. Une fois les explications fournies, la plupart de ces personnes ont été blanchies et n'ont pas été poursuivies au procès.

Les hommes d'affaires ont souligné qu'ils n'avaient aucun soupçon préalable d'implication dans une activité illicite et se sont sentis soulagés après avoir clarifié les transactions auprès des autorités. Ni Andbank ni les personnes impliquées n'ont commenté publiquement les allégations.

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Sources originales

Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :