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Economie·

Les importateurs de carburant andorrans pressent le gouvernement de discuter de la menace des prix espagnols sur fond de flambée du pétrole

Les baisses de TVA et réductions fiscales en Espagne érodent l'avantage prix d'Andorre, incitant Assidca à demander des mesures malgré la hausse du trafic touristique aux stations locales.

Synthese a partir de :
Diari d'AndorraAltaveuARA

Points cles

  • Les importateurs de carburant andorrans (Assidca) pressent le gouvernement de discuter des baisses de TVA espagnoles qui érodent l'avantage prix.
  • L'Espagne a réduit la TVA sur le carburant à 10 % et prévoit des baisses fiscales, potentiellement -30 centimes/litre.
  • La flambée mondiale du pétrole due à l'Iran a fait grimper l'essence de 25 centimes/litre et le diesel de 42 centimes en Andorre, mais +5-10 % de trafic aux stations.
  • Les transporteurs demandent une prolongation d'aides face aux surcoûts comme 60-70 € de plus pour Barcelone.

Les importateurs de carburant d'Andorre ont pressé le gouvernement de convoquer une réunion pour discuter de la perte de compétitivité des prix face à l'Espagne, alors qu'une station clé signale une hausse du trafic client sur fond de flambée mondiale des prix du pétrole liée au conflit en Iran.

Les importateurs de carburant d'Andorra (Assidca) ont formellement demandé des discussions, en soumettant des calculs sur les tendances des prix dans les deux territoires. La réduction de la TVA sur les carburants en Espagne de 21 % à 10 % — déjà visible aux pompes — et une réduction imminente de la taxe spéciale au minimum européen pourraient faire baisser les prix d'environ 30 centimes par litre, avertissent les importateurs. Sans mesures parallèles en Andorre, où les taxes représentent 54 centimes par litre sur l'essence 95, 58 centimes sur le 98 et 40 centimes sur le diesel, l'écart traditionnel va se réduire, menaçant un secteur qui attire les touristes.

Le président d'Assidca, David Porqueres, a décrit la réponse mesurée des importateurs à la volatilité du brut, les stations andorranes ayant relevé l'essence de 25 centimes par litre et le diesel de 42 centimes depuis le début de la crise — en deçà des hausses de 40 et 60 centimes dans certaines stations low-cost espagnoles, dont une à La Seu d’Urgell. « Nous avons géré cela de manière responsable », a-t-il déclaré, en plaidant pour une discussion basée sur les données avant toute réunion. Des taxes plus basses profiteraient surtout aux consommateurs, en particulier les visiteurs qui génèrent la majeure partie des revenus. Le gouvernement n'a pas encore répondu.

Les données récentes montrent des impacts mitigés. À la station Gasopas de Pas de la Casa, le trafic a augmenté de 5 à 10 % par rapport à l'an dernier, avec une affluence accrue de véhicules français où les prix ont grimpé plus fortement — à 1,985 € par litre de 95 contre 1,554 € localement, contre 1,375 € le 10 mars. Le président de Gasopas, Jesús Llanas, attribue cela à la météo, aux fluctuations quotidiennes et à la réouverture de la RN20 qui facilite l'accès. Les prix de la station reflètent une moyenne pondérée des stocks achetés avant le conflit, retardant la répercussion complète des hausses.

Les tendances plus larges confirment les pressions : le diesel moyen a atteint 1,670 € par litre hier contre 1,249 € le 28 février, l'essence 95 à 1,547 € et le 98 à 1,603 €, les deux en hausse de 25 centimes. Les mesures espagnoles ont déjà ramené le diesel catalan à 1,79 € (12 centimes au-dessus d'Andorre), le 95 à 1,599 € (5 centimes au-dessus) et le 98 à 1,725 € (12 centimes au-dessus).

Les entreprises de transport, confrontées à des hausses comme 60-70 € supplémentaires pour les trajets à Barcelone, préparent leur propre demande de prolongation d'aides. Les subventions actuelles, renforcées en 2022 à 0,24 € par litre pour certains véhicules jusqu'à 8 000 litres par an, visent à freiner la hausse du coût de la vie. Le secrétaire d'État à l'Économie et aux Transports, David Forné, a déclaré lundi que l'exécutif suit les prix, collecte des données et consulte les acteurs concernés. Le soulagement fiscal espagnol devrait perdurer au-delà de toute stabilisation au Moyen-Orient, comme la réouverture du détroit d'Ormuz.

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