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Economie·

Fin de l'ère du carry trade en yen alors que la BoJ relève ses taux

Le passage du Japon des taux quasi nuls à 0,75 % démonte le carry trade financé en yens, serrant la vis aux investisseurs mondiaux et risquant une volatilité des marchés.

Synthese a partir de :
Diari d'Andorra

Points cles

  • La BoJ portera le taux directeur à 0,75 % d'ici décembre 2025, signalant d'autres hausses si l'inflation augmente.
  • Le carry trade en yen empruntait des yens à bas coût pour des actifs à rendement plus élevé comme les obligations US.
  • Le renforcement du yen comme valeur refuge au milieu des incertitudes augmente les coûts de remboursement.
  • Le désengagement risque un effet domino : ventes d'actifs, yen plus fort, répercussions plus larges sur les marchés.

La longue période du yen en tant que source de financement ultra bon marché pour les investisseurs mondiaux semble toucher à sa fin, soulevant des questions sur l'avenir de la stratégie du carry trade.

Pendant des années, la banque centrale du Japon a maintenu des taux d'intérêt proches de zéro pour combattre la déflation, faisant du yen une monnaie idéale pour emprunter. Les investisseurs prenaient des prêts en yens à faible coût, les convertissaient en actifs à rendement plus élevé comme les obligations américaines ou la dette des marchés émergents, et empochaient la différence de taux d'intérêt – moins les frais et les risques de change. La stratégie prospérait tant que le yen restait faible ou stable, mais elle s'effondre quand la monnaie se renforce ou que les coûts d'emprunt augmentent.

Ce virage a commencé pour de bon en 2025. Fin janvier, la Banque du Japon (BoJ) a fixé son taux directeur autour de 0,5 %. Le 19 décembre, elle l'a relevé à 0,75 % et a signalé de nouvelles hausses si l'inflation et l'activité économique répondaient aux attentes. Les rendements des obligations d'État japonaises ont enregistré leur plus forte hausse annuelle depuis 1994, sous l'effet d'une réduction des achats d'obligations par la BoJ et en anticipation d'un resserrement supplémentaire.

Les données du début 2026 soulignent la fragilité de la situation. Le dollar s'échangeait autour de 157 yens, reflétant un écart de taux d'intérêt important avec la fourchette de 3,50-3,75 % de la Réserve fédérale américaine fin 2025. Pourtant, une politique plus stricte de la BoJ, combinée à l'incertitude des marchés mondiaux, pourrait comprimer les profits. Le statut du yen comme monnaie refuge traditionnelle le renforce souvent en période de turbulences, rendant les remboursements de prêts plus coûteux.

Un désengagement massif pourrait déclencher un effet domino : les investisseurs vendent des actifs étrangers pour racheter des yens, poussant la monnaie à la hausse et forçant d'autres fermetures de positions. Même sans panique, la simple hausse des coûts de financement promet des répercussions sur les devises, les actions et les marchés de crédit.

À l'avenir, la trajectoire de la BoJ dépend des salaires et des prix. Elle anticipe une inflation en dessous de 2 % au premier semestre de l'exercice 2026 avant une remontée graduelle, tandis que les enquêtes auprès des entreprises indiquent une croissance salariale similaire à celle de 2025. Cela suggère une prudence à court terme mais des hausses dépendantes des données, maintenant les taux à un niveau élevé par rapport aux années précédentes.

Le Japon a longtemps été l'usine mondiale de financement le moins cher pour les carry trades. Avec la fin de cette ère, les investisseurs font face à un carburant réduit pour la stratégie et à une volatilité accrue lors des ajustements de positions.

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Sources originales

Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :