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Economie·

La France pourrait taxer ses nationaux en Andorre via une clause dormante du traité

Une disposition de l’accord de 2013 sur la double imposition permet à la France de taxer certains résidents français en Andorre sur leurs actifs et plus-values, pour l’instant inactives.

Synthese a partir de :
Diari d'Andorra

Points cles

  • Clause du traité de 2013 permet à la France de taxer ses nationaux en Andorre sur des revenus spécifiques comme les actifs et plus-values.
  • Disposition ratifiée mais inactive ; activable par décision française sans modifier le traité.
  • Diffère de la fiscalité basée sur la résidence dans la plupart des pays UE ; France voit large ses liens fiscaux.
  • Risque pour la stabilité fiscale andorrane face à la surveillance européenne des transferts de résidence.

Une clause de l’accord de double imposition entre Andorre et la France pourrait permettre à l’État français de taxer certains nationaux français résidant fiscalement dans le Principat, même si cette disposition reste inactive pour l’instant.

L’alerte émane du portail juridique français Village de la Justice, où l’expert François-Laurent Paoli examine des aspects méconnus du traité bilatéral signé en 2013. Cet accord comprend une disposition spécifique autorisant la France, sous certaines conditions, à imposer des taxes à ses nationaux malgré leur résidence en Andorre. Bien qu’elle ne soit pas appliquée actuellement, cette clause fait partie du texte ratifié et pourrait être activée sans renégocier l’accord.

Paoli note que la France adopte une vision extensive de ses liens fiscaux avec ses nationaux, contrairement au modèle de taxation basé sur la citoyenneté pratiqué par les États-Unis mais distinct de la plupart des pays européens. La clause vise des revenus tels que les actifs ou certaines plus-values pour les citoyens français installés en Andorre. Son activation ne nécessiterait qu’une décision politique ou administrative en France, sans modification du traité.

L’avocat qualifie ce risque de structurel plutôt qu’immédiat. Il remet en cause l’idée répandue parmi les résidents selon laquelle la fiscalité suit le principe de résidence, limitée à Andorre. Cela pourrait perturber les plans fiscaux de ceux qui se sont installés en se fondant sur cette attente.

Cette analyse intervient dans un contexte de pression européenne accrue sur les bases imposables et d’examen renforcé des transferts de résidence à incidence fiscale. Bien que la clause concerne directement les nationaux français, elle soulève des interrogations sur la stabilité perçue du cadre fiscal andorran. En droit international, souligne Paoli, une disposition signée et ratifiée peut être mise en œuvre sans réformes majeures, quel que soit son état dormant.

Les autorités n’ont formulé aucun commentaire sur une éventuelle activation, laissant incertain l’avenir de cette mesure.

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Sources originales

Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :