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Economie·

Glissement de terrain bloque la route France-Andorre, boostant les ventes de tabac français de 25 %

Un glissement de terrain sur la RN-20 a fermé la principale voie d'accès à Andorre depuis cinq jours, réduisant les achats frontaliers de 70 % et poussant les fumeurs français vers le local.

Synthese a partir de :
ARA

Points cles

  • Glissement de terrain sur RN-20 bloque l'accès à Pas de la Casa, ventes andorranes -70 %.
  • 9 000 véhicules/jour habituellement ; cigarettes 4,90 € en Andorre vs 13,50 € en France.
  • Buralistes d'Occitanie +25 % de ventes grâce aux clients détournés.
  • Gouvernement divisé sur les prix du tabac : Santé pour hausses, Économie pour stabilité.

Un glissement de terrain a bloqué la route RN-20 reliant la France à Andorre, obligeant les conducteurs à effectuer de longs détours et perturbant gravement les achats transfrontaliers. La fermeture, qui en est à son cinquième jour mi-février, a réduit les ventes des commerces près du poste frontalier de Pas de la Casa d'environ 70 %, selon un représentant du secteur commercial au Conseil économique et social local.

Cette route voit habituellement passer environ 9 000 véhicules par jour, beaucoup de visiteurs français s'arrêtant d'abord à Pas de la Casa pour ses prix nettement inférieurs sur l'alcool et le tabac par rapport à la France. Un paquet standard de cigarettes coûte environ 4,90 € en Andorre, contre 13,50 € de l'autre côté de la frontière. Le 11 février, les autorités andorranes ont annoncé des mesures immédiates pour protéger l'économie locale, améliorer la mobilité et mieux informer les touristes français.

Pendant ce temps, les buralistes français profitent d'un bon coup de pouce. La fédération des buralistes d'Occitanie a signalé une hausse de 25 % du volume de ventes chez les marchands d'Ariège au 16 février. « On le sent : un mauvais temps à Jonquera, et voilà une vague de clients qu'on n'avait pas vue avant », a déclaré Christian Faure-Vincent, président de la fédération des buralistes d'Occitanie. « On se dit : 'Tiens, les gens fument encore.' »

Les commerçants français reconnaissent l'attrait des bonnes affaires andorranes mais soulignent leurs propres difficultés. Un buraliste de Saint-Pons-de-Thomières, dans l'Hérault, a noté : « Je comprends parfaitement les consommateurs. Je fume moi-même, et il devient dur de joindre les deux bouts. C'est normal que quelqu'un au budget serré aille là où c'est moins cher. » Le secteur se plaint depuis longtemps que les prix élevés du tabac – relevés dans le cadre d'un plan anticancer lancé en 2003 par Jacques Chirac pour décourager la consommation et améliorer la santé publique – ne font que délocaliser les achats à l'étranger ou sur le marché noir, sans réduire la consommation.

Faure-Vincent a pointé les tensions internes au gouvernement comme obstacle au changement. « Cela fait environ deux ans qu'ils se rendent compte que la politique de santé publique est dépassée », a-t-il dit. « Mais Bercy dit qu'on perd des rentrées fiscales et que les prix ne doivent plus augmenter, tandis que la Santé insiste pour des hausses. C'est la principale difficulté. » Il a cité la Belgique, où des écarts de prix plus faibles avec la France ont boosté le chiffre d'affaires des buralistes du Nord.

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Sources originales

Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :