Moneyval salue les progrès en matière de régulation des actifs virtuels mais alerte sur l'évasion des sanctions
L'organisme du Conseil de l'Europe Moneyval note des avancées dans la licence et la supervision des VASP dans 25 juridictions mais pointe un faible contrôle.
Points cles
- 81 % des juridictions autorisent les VASP, 90 % ont des superviseurs, mais contrôle faible sur les opérations non autorisées.
- Seulement 46 % appliquent pleinement la règle de voyage FATF pour les transferts VA.
- Risques : évasion des sanctions, fraude, financement du terrorisme/prolifération.
- Andorre interdit les liens avec le Myanmar, ajoute Koweït/PNG à la liste des risques élevés.
**Moneyval met en avant les progrès dans la régulation des actifs virtuels mais alerte sur les risques d'évasion des sanctions**
L'organisme du Conseil de l'Europe chargé de la lutte contre le blanchiment d'argent, Moneyval, a rapporté des avancées significatives dans les cadres réglementaires et de supervision des actifs virtuels et des fournisseurs de services d'actifs virtuels (VASP). Il a toutefois insisté sur la nécessité d'un contrôle plus strict pour empêcher leur utilisation dans l'évasion des sanctions financières ciblées.
Dans son dernier examen horizontal, basé sur des données de 25 juridictions membres de Moneyval, le rapport identifie des préoccupations croissantes concernant les actifs virtuels facilitant l'évasion des sanctions, ainsi que des risques de fraude, de financement du terrorisme, de financement de la prolifération et d'exploitation des enfants. Alors que 81 % des juridictions exigent désormais que les VASP soient autorisés ou enregistrés, et que plus de 90 % ont désigné des autorités de supervision, le contrôle des opérateurs non autorisés reste faible.
La mise en œuvre de la règle de voyage du Groupe d'action financière (GAFI) — Recommandation 16, qui impose la collecte, la transmission et le stockage des informations sur l'initiateur et le bénéficiaire pour les transferts d'actifs virtuels — accuse également du retard. Seuls 46 % des juridictions l'ont pleinement opérationnalisée. Les difficultés de collecte de données persistent, laissant de nombreuses zones sans visibilité claire sur les flux transfrontaliers.
Moneyval a appelé à une coopération transfrontalière renforcée, une meilleure intégration des sanctions ciblées et des risques de prolifération dans les évaluations nationales, une amélioration de la qualité des déclarations de suspicion émanant des VASP, et un renforcement des capacités d'enquête tant pour les autorités publiques que pour le secteur privé.
**L'Andorre met à jour sa liste des juridictions à haut risque en ligne avec le GAFI**
À la suite de la dernière mise à jour du GAFI sur les juridictions à haut risque, l'Unité de renseignement financier de l'Andorre (Uifand) a révisé sa liste. Le Myanmar a été élevé dans la catégorie à risque le plus élevé — aux côtés de la Corée du Nord et de l'Iran —, entraînant une interdiction de toute relation d'affaires ou transaction financière avec le pays ou ses résidents et entités, en raison de niveaux de risque « très élevés » justifiant une vigilance maximale.
Le Myanmar est passé de la liste des risques élevés, où une diligence raisonnable renforcée s'applique toujours. Le Koweït et la Papouasie-Nouvelle-Guinée ont été ajoutés à ce groupe à risque élevé pour blanchiment d'argent, rejoignant les entrées existantes : Algérie, Angola, Bolivie, Bulgarie, Cameroun, Côte d'Ivoire, Haïti, Yémen, Îles Vierges britanniques, Kenya, Liban, Monaco, Namibie, Népal, République populaire démocratique du Laos, République démocratique du Congo, Syrie, Soudan du Sud, Venezuela et Vietnam.
L'Uifand a rappelé aux parties prenantes que le non-respect de ces directives constitue une infraction grave au titre de la loi andorrane sur la prévention et la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, pouvant entraîner des sanctions substantielles.
Sources originales
Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :