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Economie·

Parlement européen saisit la CJUE sur l’accord commercial UE-Mercosur au milieu des divisions

Un vote serré d’un bloc de gauche conteste la clause de rééquilibrage du pacte, qui permet aux pays du Mercosur de demander des remèdes si les normes de l’UE évoluent, alors que la France mène la résistance pour des raisons environnementales.

Synthese a partir de :
Diari d'Andorra

Points cles

  • Parlement vote 334-324 pour saisir la CJUE, mené par la gauche.
  • Clause de rééquilibrage permet au Mercosur des recours si normes UE changent post-ratification.
  • France s’oppose pour divergences environnement/santé ; agriculteurs protestent.
  • Commission promet travail parallèle pour application provisoire malgré absence de calendrier CJUE.

Le Parlement européen a saisi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) concernant l’accord commercial UE-Mercosur, créant de nouveaux obstacles à sa ratification. La mesure a été adoptée mercredi par un vote serré de 334 voix pour, 324 contre et 11 abstentions, sous l’impulsion d’un petit bloc de gauche. Bien qu’elle n’arrête pas le processus, cette initiative révèle de profondes divisions sur un pacte conclu samedi dernier à Asunción après plus de 25 ans de négociations.

Au cœur du débat se trouve la clause de rééquilibrage de l’accord, qui permet aux pays du Mercosur — Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay — d’exiger des mesures correctives si les règles européennes sur l’environnement ou les normes de consommation évoluent après la ratification et affectent les termes commerciaux. Les opposants estiment qu’elle affaiblit les pouvoirs réglementaires de l’UE et entre en conflit avec les lois fondamentales de l’Union.

La France mène la résistance parmi les États membres, exigeant que les producteurs du Mercosur respectent les règles européennes en matière d’environnement et de santé pour éviter de fausser les marchés. Les agriculteurs français et catalans ont vivement protesté contre l’accord, bloquant à plusieurs reprises les accès à Andorre. La position française laisse l’accord d’association d’Andorre avec l’UE dans une position incertaine, Paris pouvant le soutenir plus fermement sans les préoccupations liées au Mercosur.

La vice-présidente de la Commission européenne, Teresa Ribera, a qualifié le renvoi de légitime mais a appelé à avancer. « Nous devons respecter cette décision, mais nous travaillerons en parallèle pour permettre l’application provisoire du traité », a-t-elle déclaré, en soulignant les efforts pour limiter les retards supplémentaires.

Ce revers intervient alors que l’UE fait face aux avertissements tarifaires des États-Unis de la part du président Donald Trump, y compris ses remarques sur le Groenland qui ont ravivé les débats sur la souveraineté. Les partisans saluaient le pacte Mercosur comme un rempart pour les normes commerciales mondiales. Aucune date n’est encore fixée pour l’arrêt de la CJUE.

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