Tribunal d'Andorre annule partiellement l'approbation de la liste des créances en faillite d'AGA
Le Tribunal supérieur renverse l'approbation définitive de la liste des créances de l'assureur AGA et ordonne une audience pour les ex-propriétaires afin de garantir le respect de la procédure.
Points cles
- Tribunal annule approbation liste créances faillite AGA, ordonne audience pour ex-propriétaires Amadeu Calvó Casal, Núria Boronat Gomà et Jaume Calvó Boronat.
- Appelants obtiennent accès complet documents créances et données IT à leurs frais ; liquidation actifs se poursuit sans interruption.
- Décision invoque droits constitutionnels procès équitable malgré omission Décret 1969 ; rejette annulation totale.
- AGA : 52M€ actifs vs +80M€ passifs ; ex-propriétaires revendiquent solvabilité avec 55M€ actifs vs 50M€ dettes.
Le Tribunal supérieur d'Andorre a partiellement fait droit à un recours des anciens propriétaires d'Assegurances Generals d'Andorra (AGA), annulant l'approbation définitive de la liste des créances en faillite de l'assureur et exigeant une audience dédiée aux appelants avant toute nouvelle approbation.
La décision définitive et exécutoire ordonne à l'administration judiciaire de fournir à Amadeu Calvó Casal, Núria Boronat Gomà et Jaume Calvó Boronat des copies de tous les documents relatifs aux créances, y compris les données des systèmes informatiques de l'entreprise, à leurs frais. Le tribunal a souligné que les procédures de liquidation des actifs ne subissent aucune interruption et peuvent se poursuivre comme prévu.
Les appelants avaient contesté l'approbation, estimant qu'elle violait leurs droits de défense et à un procès équitable. Les juges ont considéré que la finalisation de la liste sans audience des débiteurs enfreignait les principes de contradiction, de défense et d'égalité des armes, d'autant plus qu'elle impactait directement leurs actifs. Bien que le Décret de 1969 ne prévoie pas explicitement la participation des débiteurs à ce stade, la décision invoque les normes constitutionnelles et les droits à un procès équitable pour combler cette lacune.
La liste des créances détermine l'étendue finale des passifs en faillite, définissant les obligations du débiteur avec des répercussions potentielles au-delà de la procédure. Le tribunal a rejeté les demandes d'annulation totale, notant que les appelants avaient eu accès aux listes provisoires, présenté des objections et vu celles-ci examinées judiciairement. Il a limité le recours à l'obligation d'audience, qui nécessite un accès suffisant aux données comptables et contractuelles pour une participation effective – élément essentiel pour un assureur complexe aux opérations substantielles.
AGA a fait l'objet d'une intervention de l'Autorité financière andorrane en novembre 2019 en raison d'insuffisances de solvabilité affectant plus de 500 parties, déclenchant six ans de litiges. Les administrateurs judiciaires évaluent les actifs à 52 millions d'euros contre plus de 80 millions d'euros de passifs, soit un déficit supérieur à 30 millions d'euros.
Les anciens propriétaires affirment qu'AGA était solvable au moment de la faillite. Leur avocat, Alfons Clavera, a cité un audit Grant Thornton de 2019 faisant état d'actifs nets de 22,3 millions d'euros (ou 12,6 millions de manière conservatrice), avec 61,1 millions d'euros d'actifs contre 48,5 millions de dettes. Une loi sur les assurances de 2017 accordait cinq ans pour convertir la plupart des biens immobiliers illiquides via des obligations et des ventes d'actions, une démarche qu'ils affirment avoir engagée.
Les évaluations divergent fortement : après l'assemblée des créanciers de mars 2025, les administrateurs portent les actifs à 22,3 millions d'euros – près de 40 millions en dessous des chiffres de 2019 – et les passifs à 65 millions d'euros. Les appelants contestent la déclaration de faillite de 2019, les évaluations de 2025 et la liste des créances, invoquant 15 millions d'euros de doublons et de montants injustifiés. Clavera évalue les actifs actuels de l'entreprise à 55 millions d'euros contre 50 millions de dettes, plus 50 millions d'euros de biens personnels, et s'oppose aux ventes en deçà des niveaux de 2019.
Clavera a qualifié l'issue de résolution d'un problème « purement formel », ses clients se conformant mais attendant des décisions sur l'accès aux preuves, les objections aux créances, les évaluations d'actifs et les solutions pour les créanciers. Il a appelé à la prudence persistante.
Le batlle doit désormais tenir l'audience pour les appelants et les créanciers potentiellement impactés avant de révalider la liste, ce qui retardera probablement les calendriers au milieu d'enchères actives sur les actifs et prolongera le bras de fer judiciaire.
Sources originales
Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :