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Economie·

Les YouTubers espagnols Willyrex et Vegetta777 contestaient une facture fiscale de 3 M€ malgré leur résidence andorrane

Willyrex et Vegetta777 attaquent la décision du tribunal fiscal espagnol réclamant près de 3 millions d'euros pour 2016-2017, arguant que leur centre économique n'est pas en Espagne.

Synthese a partir de :
ARA

Points cles

  • TEAC confirme 1,25 M€ contre Willyrex et 1,7 M€ contre Vegetta777 pour 2016-2017.
  • Hacienda argue 'centre d'intérêts économiques' en Espagne via l'agence Vizzmedia, malgré la résidence.
  • YouTubers prouvent plus de jours en Andorre, contenus produits là-bas, recours à l'Audiencia Nacional.
  • L'affaire impacte d'autres créateurs comme El Rubius ; pourrait redéfinir les impôts pour nomades numériques.

Les YouTubers espagnols Guillermo Díaz (Willyrex) et Samuel de Luque (Vegetta777) contestaient les décisions du Tribunal économique-administratif central (TEAC) d'Espagne, qui les obligent à payer près de 3 millions d'euros d'impôts à l'Espagne pour 2016 et 2017, malgré leur résidence andorrane durant ces années.

Le TEAC a récemment rejeté leurs premières contestations, confirmant les réclamations de l'Agence tributaire de l'État (AEAT, ou Hacienda) : 1,25 million d'euros pour Willyrex et 1,7 million pour Vegetta777. Hacienda argue que les sources de revenus des créateurs restent ancrées en Espagne, principalement via Vizzmedia Online, une agence espagnole qui gère leurs contrats publicitaires et campagnes. Selon les règles de l'impôt sur le revenu, cela constitue leur « centre d'intérêts économiques » en Espagne, prévalant sur leur résidence physique et leur domiciliation fiscale andorrane.

Les YouTubers, représentés par les avocats Marc Urgell et Iñaki Picaza, ont déposé un recours administratif devant l'Audiencia Nacional espagnole. Leur équipe juridique qualifie les décisions du TEAC d'« contraires au droit et manifestement injustes », notant que les registres de l'AEAT confirment que le duo a passé plus de jours en Andorre qu'en Espagne durant les années litigieuses. Ils soulignent que les diffusions en direct et la production de contenus ont eu lieu dans des studios du Principat, avec un travail en ligne accessible mondialement plutôt qu'ancré en Espagne.

Le litige porte sur le fait de savoir si l'obligation fiscale des créateurs numériques suit la résidence ou l'origine des revenus. La position de Hacienda pourrait s'étendre à d'autres résidents andorrans utilisant Vizzmedia, dont El Rubius, Cristinini, DJMaRiiO, Paula Gonu et Nil Ojeda.

Bien que jugé devant les tribunaux espagnols, l'issue pèse lourd pour le modèle de résidence andorran, qui attire les professionnels grâce à ses impôts plus bas. Une victoire pour Hacienda pourrait décourager les relocalisations espagnoles de haut niveau sans entreprise physique en Espagne, redéfinissant potentiellement les règles fiscales pour le travail numérique à distance.

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