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Environnement·

Andorre sélectionne deux scientifiques pour son programme Mountain Genomics

AR+I andorre et CRG espagnol lancent le Mountain Genomics Talent Programme, finançant deux chercheurs pour innover en génomique de détection de microbes et produits chimiques invisibles en écosystèmes alpins, face aux défis climatiques.

Points cles

  • Hannah Benisty et Maximilian Stammnitz sélectionnés comme premiers fellows pour 3 ans.
  • Benisty analyse l’eADN dans étangs pyrénéens, eaux thermales et air pour recenser microbes.
  • Stammnitz développe biocapteurs protéiques à IA pour alerte temps réel sur dangers.
  • Initiative soutient plan innovation andorran, lien AR+I-CRG pour attirer talents.

Andorra Recerca + Innovació (AR+I) et le Centre de Regulació Genòmica (CRG) ont nommé Hannah Benisty et Maximilian Stammnitz comme premiers fellows du Mountain Genomics Talent Programme.

La chercheuse andorrane Benisty et le scientifique allemand Stammnitz passeront trois ans en Andorre à développer des outils biotechnologiques pour détecter les contaminants et les produits chimiques dans l’environnement. Leurs projets mettent l’accent sur la génomique pour révéler des microbes et des substances invisibles dans les étangs de haute montagne, les eaux thermales et même les échantillons d’air.

Benisty, spécialiste de la génomique de la biodiversité et précédemment au CRG, analysera l’ADN environnemental issu de gouttelettes d’eau pour recenser des micro-organismes inconnus résistants à la culture en laboratoire. Elle prévoit un projet pilote pour échantillonner l’ADN atmosphérique en vue d’un suivi avancé des évolutions de la biodiversité et des changements environnementaux. Ses travaux s’appuient sur PyriSentinel, son projet financé par l’UE à hauteur de 3 millions d’euros depuis 2024, qui examine plus de 300 étangs pyrénéens.

Stammnitz, généticien quantitatif et bio-ingénieur formé à Cambridge, concevra des biocapteurs à base de protéines inspirés des détecteurs naturels présents dans les plantes, les animaux et les humains. Sa plateforme à haut débit, couplée à l’intelligence artificielle, passera en revue des milliers d’interactions protéine-produit chimique pour créer des dispositifs portables délivrant des alertes en temps réel sur les dangers aériens ou aquatiques, à l’image des montres connectées pour les signes vitaux.

La présidente de l’AR+I, Conxita Marsol, a qualifié cette initiative de centrale dans le Plan national pour l’innovation et la diversification économique. « La diversification économique doit reposer sur deux piliers : le talent et la recherche », a-t-elle déclaré. « Nous visons à attirer des expertises mondiales, à rapatrier les talents andorrans et à transformer les savoirs en innovation, en emplois qualifiés et en nouvelles opportunités. » Marsol a souligné son rôle dans la construction d’une économie compétitive et résiliente axée sur des activités à haute valeur ajoutée.

Stammnitz a souligné l’objectif de santé publique : « Nous voulons savoir si quelque chose autour de nous peut affecter notre santé ou celle de l’environnement, et comprendre comment détecter ce monde chimique invisible. » Benisty a ajouté que ses travaux visent « l’ADN environnemental des étangs et eaux thermales de haute montagne, plus un pilote sur l’ADN aérien et les micro-organismes – la vie invisible encore à découvrir ».

La responsable de l’AR+I, Marta Domènech, a qualifié cela d’étape majeure, permettant à des chercheurs de premier plan de bâtir leur carrière en Andorre tout en se reliant à un centre européen de premier plan comme le CRG. Le programme découle d’un accord de collaboration signé en mars, à la suite d’un appel international. La directrice du CRG, Mónica Bettencourt, voit dans les écosystèmes andorrans un terrain idéal pour étudier à grande échelle les impacts climatiques, la biodiversité et la santé.

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