Andorre : +14 % de tentatives de suicide en 2025, lignes d'écoute des jeunes saturées
Le ministère de la Santé signale une forte hausse des tentatives de suicide, avec un usage intense des lignes d'écoute par les jeunes adultes. Experts appellent à lutter contre le stigma et à renforcer le soutien précoce.
Points cles
- 123 tentatives de suicide en 2025 (+14 % vs 108), 5 suicides consommés
- Taux de 5,61/100 000 < France (13,4) et Espagne (7,7) ; 37 % des appels Línia Verda de 18-23 ans
- ADJRA alerte sur sous-estimation due au stigma, ateliers scolaires contre harcèlement
- Stratégie nationale : formations, campagnes ; début 2026 : 65 appels, 63 % femmes
Les services d’urgence hospitaliers d’Andorre ont enregistré 123 tentatives de suicide en 2025, soit une hausse de 14 % par rapport aux 108 de l’année précédente, les suicides consommés passant de quatre à cinq, selon les données du ministère de la Santé.
Ces chiffres, équivalant à un cas tous les trois jours, ont été publiés à l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide. Les autorités ont noté que le taux de suicide en Andorre, de 5,61 décès pour 100 000 habitants, reste inférieur à celui des pays voisins, où les données de l’Organisation mondiale de la Santé de 2019 indiquent 13,4 pour 100 000 en France et 7,7 en Espagne – les deux au-dessus de la moyenne européenne de 10,15.
Sandra Cano, présidente de l’Association andorrane pour la défense de la jeunesse en risque (ADJRA), a averti que les données hospitalières sous-estiment l’ampleur réelle des situations à risque. Beaucoup de personnes gèrent leurs crises à domicile sans chercher d’aide, en raison du stigma social autour du suicide, a-t-elle expliqué. Cano a insisté sur le fait que le suicide n’est pas toujours lié à une maladie mentale ; il peut résulter de moments traumatiques même chez ceux sans antécédents. Pour les jeunes, le groupe met en avant le harcèlement scolaire et les pressions des réseaux sociaux comme facteurs aggravants. « Parfois, les jeunes veulent disparaître, et le moyen de devenir invisibles est de mourir », a-t-elle illustré.
L’ADJRA appelle à distinguer entre détresse, idéation et tentatives, tout en traitant toutes les expressions de mal-être adolescent. L’association poursuivra ses ateliers dans les écoles cette année pour renforcer l’estime de soi, combattre le stigma et enseigner les compétences pour demander de l’aide.
Sur la ligne d’écoute Línia Verda 177, sa première année a vu 37 % des appels provenir des 18-23 ans et 4 % des moins de 18 ans, pour un total de 83 appels avec trois activations d’urgence. Un canal parallèle de soutien émotionnel pour les jeunes a enregistré 197 conversations d’octobre 2024 à septembre 2025, aidant 65 usagers, dont 63 % de mineurs.
Le ministère a qualifié le suicide de problème complexe et multifactoriel dans un contexte global de stabilité, appelant à renforcer la prévention via sa stratégie nationale de formation, de campagnes et d’interventions sur les risques. Il promeut le service Línia 177 et a émis des recommandations aux médias pour séparer faits et mythes. Dans les données de début 2026, Línia Verda a traité 65 appels sans activation d’urgence, soutenant 155 personnes via 245 contacts, les femmes représentant 63 % des appelants et 52 % ayant entre 32 et 65 ans. Cano a souligné l’importance de publiciser ces ressources pour encourager la demande d’aide précoce et normaliser les discussions sur la santé mentale.
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