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Environnement·

Andorre : 84 % d'appui public à un essor des renouvelables face à l'appel du FMI pour une taxe carbone

84 % des Andorrans soutiennent le renforcement des énergies renouvelables domestiques pour réduire importations et coûts, le solaire en tête ; le FMI préconise 150 €/tonne de carbone.

Synthese a partir de :
AltaveuDiari d'Andorra

Points cles

  • 84 % soutiennent les renouvelables domestiques, pour l'environnement et des bénéfices économiques comme des factures stables.
  • Solaire (55 %) en tête ; 53 % pour implantation sur bâtiments publics/privés et terrains non urbains.
  • Chauffage vert domestique faible (< 8 %) ; freins : coûts et manque d'information.
  • FMI pousse pour taxe carbone 150 €/t CO₂ d'ici 2030, gains d'efficacité 5 %/an face aux risques de perte de neige pour le ski.

La dernière enquête d'opinion publique en Andorre révèle un soutien de 84 % à l'augmentation de la production d'énergies renouvelables domestiques, en phase avec la dynamique de décarbonation européenne et la dépendance historique de la principauté aux approvisionnements importés.

Le baromètre de l'Observatori pour la seconde moitié de 2025 montre que cet approbation transcende les affiliations politiques, les zones résidentielles et les groupes sociaux, reflétant un net changement d'attitude ces dernières années. Les répondants mettent en avant les gains environnementaux ainsi que les avantages économiques, comme la protection des ménages contre la volatilité des prix et les risques d'approvisionnement. Plus de la moitié — 53,2 % — s'attendent à ce que les renouvelables stabilisent ou réduisent les factures d'électricité face aux pressions sur le coût de la vie et à l'inflation.

Le solaire arrive en tête des préférences avec 55 %, suivi de l'éolien à 23 % et de l'hydroélectricité à 20 %. La géothermie recueille 8,4 % et la biomasse seulement 2,8 %, signe d'une préférence pour des options éprouvées et pratiques. Pour l'implantation des projets, 53,2 % plébiscitent un mélange équilibré de bâtiments publics et privés plus des terrains non urbains, 34 % des sites isolés loin des habitations et 6,1 % des zones déjà développées. Cela suggère une volonté d'accepter des installations visibles si elles sont réparties équitablement avec un minimum de perturbations.

Les impacts paysagers dans le relief escarpé d'Andorre — essentiel au tourisme et au patrimoine — divisent les opinions : 34 % positifs, 19 % négatifs et 35,4 % neutres ou indécis. Une communication publique renforcée pourrait atténuer les inquiétudes.

L'adoption domestique reste faible malgré l'enthousiasme. Le chauffage au fioul domine à 56,6 %, les radiateurs électriques à 25,2 %, les options plus vertes comme les systèmes aérothermiques (5,3 %) et le chauffage urbain FEDA Ecoterm (2,3 %) étant à peine utilisées. Les freins incluent les coûts, les obstacles techniques et les lacunes en information, soulignant les besoins en subventions, financements et conseils.

Dans un développement connexe, le Fonds monétaire international (FMI) exhorte Andorre à porter sa taxe carbone à 150 € la tonne d'ici 2030, couplée à des gains d'efficacité d'au moins 5 % par an dans les secteurs de l'énergie, des transports et du résidentiel, pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Le rapport du FMI sur le changement climatique dans les petites économies ouvertes comme Andorre avertit que la taxe seule est insuffisante sans mesures d'efficacité.

Il pointe les risques climatiques pour la croissance à long terme, dont le tourisme de ski dépendant d'une couverture neigeuse en régression — prévue en baisse de 75-100 cm par an d'ici 2090 avec la hausse des températures et la chute des précipitations (-22,01 mm par décennie depuis 2050). Les renouvelables font face à des défis : la production hydroélectrique, thermique et éolienne pourrait souffrir de conditions météo altérées, d'événements extrêmes et de changements dans les profils de demande, les pics estivaux compensant les baisses hivernales.

Les émissions de CO₂ par habitant en Andorre correspondent à la moyenne européenne de 5,6 tonnes, légèrement au-dessus de celles de la France et de l'Espagne, les forêts absorbant 23 % selon les données de 2017. Les émissions des transports se sont stabilisées depuis 2010 grâce à l'efficacité et aux véhicules électriques, mais les réductions restent en deçà de celles des voisins.

Le FMI prévoit qu'une hausse de la taxe carbone pourrait doubler les prix du pétrole et augmenter les autres coûts énergétiques de 26-61 %, générant 0,5-0,8 % du PIB en recettes fiscales sur les carburants, avec un impact limité sur le PIB — bien que les effets touristiques ne soient pas modélisés. Ces mesures soutiendraient l'essor des renouvelables soutenu par le public en relevant les obstacles plus larges à la décarbonation.

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