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Environnement·

Une étude révèle l'empreinte écologique cachée massive d'Andorre liée aux importations

La recherche scientifique montre qu'Andorre dépend de 40 fois plus de terres et 22 fois plus d'eau via les importations pour son alimentation et son énergie, masquant l'impact environnemental réel.

Synthese a partir de :
Diari d'Andorra

Points cles

  • Andorre utilise 40x plus de terres et 22x plus d'eau via importations pour besoins alimentaires/énergétiques.
  • Autosuffisance énergétique exigerait 40x terres, 6x eau, 17x émissions GES.
  • Importations alimentaires demandent 15x terres agricoles, 22x eau, 8x heures de travail vs. capacité domestique.
  • Étude alerte sur vulnérabilité aux chocs mondiaux ; appelle à intégrer MuSIASEM dans les politiques.

Une récente étude scientifique a mis en lumière la forte dépendance d'Andorre aux ressources importées pour soutenir son modèle économique, révélant une empreinte écologique bien plus importante que ne le suggèrent les statistiques conventionnelles.

Publiée dans la revue *Ecological Economics*, la recherche montre qu'Andorre utilise 40 fois plus de surface terrestre et 22 fois plus d'eau via les importations que ce qui est disponible localement pour répondre à ses besoins en alimentation et en énergie. Ces résultats proviennent des chercheurs Juan Jesús Larrabeiti-Rodríguez, Oriol Travesset-Baró et Mario Giampietro, affiliés à Andorra Recerca + Innovació et experts en systèmes socio-écologiques. Ce travail fait partie de la thèse de doctorat de Larrabeiti-Rodríguez à l'Université d'Andorre.

L'équipe a appliqué l'approche MuSIASEM — Multi-Scale Integrated Analysis of Societal and Ecosystem Metabolism —, qui examine non seulement la consommation et la production domestiques, mais aussi les ressources nécessaires pour produire les biens et services importés. Cette méthode met au jour des impacts environnementaux et sociaux cachés, souvent négligés dans les indicateurs standards.

Pour l'énergie, maintenir les niveaux de consommation actuels exigerait 40 fois la surface terrestre du pays si elle était produite localement, ainsi que six fois plus d'eau et 17 fois plus d'émissions de gaz à effet de serre. Les importations alimentaires, quant à elles, proviennent d'une production nécessitant 15 fois plus de terres agricoles, 22 fois plus d'eau et huit fois plus d'heures de travail que ce qu'Andorre pourrait fournir elle-même.

Les auteurs estiment que cette externalisation masque l'ampleur réelle des pressions d'Andorre, transférées vers d'autres régions du monde. Malgré des émissions par habitant modérées et une économie axée sur les services, la principauté reporte une grande partie de son fardeau écologique à l'étranger via les importations d'énergie et d'aliments.

Cette dépendance soulève des inquiétudes quant à la vulnérabilité face aux perturbations mondiales, qu'il s'agisse d'événements climatiques, de chocs économiques ou géopolitiques, compte tenu de la production domestique limitée dans des secteurs clés comme l'énergie et l'agriculture. Les politiques sur la transition énergétique ou la souveraineté alimentaire risquent d'être trompeuses si elles ne tiennent pas compte de ces impacts externalisés, avertit l'étude.

Les chercheurs exhortent à intégrer une analyse de type MuSIASEM dans les évaluations des politiques publiques sur la durabilité, l'énergie et l'aménagement du territoire. Ils appellent à considérer Andorre non pas isolément, mais comme partie intégrante des réseaux mondiaux de ressources, incitant à repenser les limites de la croissance, le bien-être et la résilience en tenant compte de la justice environnementale.

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Sources originales

Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :