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Politique·

Les sociaux-démocrates andorrans proposent la décriminalisation totale de l’avortement jusqu’à 14 semaines dans la réforme du Code pénal

Les amendements autorisent les IVG jusqu’à 22 semaines en cas de risque maternel, viol ou anomalies fœtales, relèvent l’âge du consentement à 16 ans et interdisent les thérapies de conversion face à la hausse des crimes sexuels.

Points cles

  • Les sociaux-démocrates andorrans proposent de décriminaliser l’IVG jusqu’à 14 semaines, et jusqu’à 22 semaines pour risque maternel, viol ou anomalies fœtales.
  • La proposition relève l’âge du consentement à 16 ans et interdit les thérapies de conversion après une hausse de 27 % des crimes sexuels.
  • Les amendements prévoient des peines pour infractions sexuelles, protection du patrimoine culturel et proportionnalité en corruption privée.

Le Parti social-démocrate (PS) a déposé des amendements à la réforme du Code pénal andorran qui décriminalisent totalement l’avortement jusqu’à 14 semaines de gestation pour les femmes et les professionnels de santé, autorisent les interruptions jusqu’à 22 semaines dans trois cas précis, et pressent le gouvernement d’adopter une loi réglementaire dédiée.

Selon la proposition, les avortements ne seraient pas pénalisés avant 14 semaines. De 14 à 22 semaines, ils seraient autorisés sans sanction en cas de graves risques pour la vie ou la santé de la mère, de grossesses résultant d’infractions contre la liberté sexuelle, de génétique ou de procréation médicalement assistée, ou de fœtus non viables présentant de graves anomalies confirmées par des rapports médicaux. Au-delà de 22 semaines, ou en dehors de ces exceptions à partir de 14 semaines, des peines s’appliqueraient, incluant de trois mois à trois ans de prison et des interdictions professionnelles pour les praticiens.

La dirigeante du PS, Susanna Vela, a qualifié cela de « proposition maximale » lors d’une conférence de presse, exhortant le gouvernement et les partis majoritaires à saisir la « chance en or » d’un consensus après 14 ans d’inaction malgré les recommandations du CEDAW de l’ONU. « Le gouvernement dit qu’il va décriminaliser l’avortement. Le gouvernement ne le fait pas, nous le faisons », a-t-elle déclaré, ajoutant que les femmes devraient être sorties entièrement du Code pénal – une idée qu’elle a liée à des déclarations passées du pape François. Vela a insisté sur la nécessité d’une loi de suivi concernant l’accès, les garanties sanitaires et les conditions légales.

Sur les infractions sexuelles, le PS fixe le consentement à 16 ans, resserrant l’écart d’âge proposé par le gouvernement de cinq ans pour les relations impliquant des 14-16 ans à trois ans. La conseillère Laia Moliné a indiqué que cela s’aligne sur les normes standards de consentement et corrige des incohérences dans le texte initial mentionnant à la fois 14 et 16 ans. En réponse aux chiffres de 2024 – 127 infractions contre la liberté sexuelle, en hausse de 27 % par rapport à 2023, dont 23 viols et des victimes mineures passant de 10 à 50 –, les amendements interdisent les pratiques de conversion visant l’orientation sexuelle ou l’identité de genre par préjudice moral, avec de trois mois à trois ans d’arrestation, aggravés pour les mineurs ou groupes vulnérables, et des interdictions pour les promoteurs.

Ils affinent aussi les règles sur le harcèlement et l’exploitation pour exclure les actes privés consentis, exigeant une intention de porter atteinte à la dignité pour les contenus non consentis, et listent des exemples comme le grooming, le sextorsion et le tourisme sexuel. D’autres dispositions introduisent la proportionnalité dans les peines pour corruption privée – distincte des cas publics en raison de leur impact sociétal –, permettant aux tribunaux de prendre en compte les avantages obtenus comme facteur atténuant, et offrent aux juges et maires une flexibilité sans délais fixes. Les peines ne couvriraient que les coercitions, menaces, harcèlements ou chantages consommés, et non les actes préparatoires comme la conspiration, que Moliné a décrits comme difficiles à évaluer.

Le PS renforce les protections du patrimoine culturel en sanctionnant le trafic illégal en fonction des profits, en punissant les tentatives, et en rendant les responsables publics passibles de sanctions pour avoir facilité la destruction ou le commerce.

Le parti Concordia concentre ses amendements sur les infractions à la liberté sexuelle, proposant un nouveau chapitre sur les agressions contre les mineurs avec des peines de six à 10 ans pour le grooming et le recrutement à la pornographie infantile, vus comme la « phase initiale » permettant la diffusion. Il met l’accent sur un consentement « libre, exprès et irrévocable », aligne les peines sur les standards européens et internationaux en matière d’exploitation, de partage d’images et de trafic humain, et soutient les mesures gouvernementales contre la prostitution numérique mais juge l’ensemble du projet « trop timide ». Concordia accueille favorablement la hausse de l’âge du consentement – idée initialement la sienne – mais déplore un retard de six mois après un rejet gouvernemental initial, notant que cela reflète une sensibilisation croissante à la violence sexuelle.

Les amendements sont à l’examen dans les commissions du Conseil général.

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