Leader syndical andorran fustige les politiques salariales « aberrantes » du gouvernement
Gabriel Ubach dénonce l'improvisation du gouvernement andorran sur les salaires et exige des hausses généralisées pour contrer la crise du logement et les départs de travailleurs plutôt que des embauches étrangères.
Points cles
- Gabriel Ubach critique les hausses de salaire minimum pour travailleurs étrangers tout en rejetant les augmentations liées à l'IPC pour les résidents.
- Ubach priorise les hausses de rémunération des résidents pour lutter contre la spéculation immobilière, principal problème d'Andorre.
- Le syndicat exige des augmentations de tous les salaires face à la perte de pouvoir d'achat, loyers élevés et exode des jeunes.
- Appels à des hausses immédiates, élections anticipées et un gouvernement solide.
Gabriel Ubach, secrétaire général de l'Union syndicale andorrane (USdA), a intensifié ses critiques contre les politiques salariales du gouvernement, les qualifiant d'« aberrantes » et accusant l'exécutif d'agir « comme une poule sans tête ».
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Ubach a mis en lumière la contradiction entre les propositions d'augmenter le salaire minimum exigé pour embaucher des travailleurs étrangers via le quota général et le récent rejet par la majorité parlementaire de lier tous les salaires du secteur privé aux hausses annuelles de l'indice des prix à la consommation (IPC). Il a argué que l'accent doit porter sur l'augmentation des rémunérations des résidents actuels pour lutter contre la spéculation immobilière, qu'il a qualifiée de problème le plus grave d'Andorre, plutôt que d'attirer de nouveaux travailleurs.
Ces remarques font suite aux déclarations de la ministre de l'Économie, du Travail et du Logement, Conxita Marsol, prononcées mercredi lors de l'inauguration des nouveaux locaux du département de l'Emploi et du Travail. Marsol a évoqué un salaire minimum plus élevé pour les embauches externes comme moyen de pallier les pénuries de main-d'œuvre, alors que le quota de cette année, approuvé fin avril, est épuisé, les nouvelles autorisations n'étant pas attendues avant l'automne sauf pour les professions stratégiques.
Ubach a qualifié l'idée de Marsol de preuve d'improvisation gouvernementale, insistant sur le fait que « tous les salaires doivent augmenter, pas seulement le minimum », en particulier dans le secteur privé pour contrer la spéculation dopée par la loi sur l'investissement étranger et les mesures omnibus qui ont suivi. Il a accusé la majorité démocrate, ainsi que Citizens Committed et United for Progress, de gouverner « le dos tourné » aux citoyens andorrans, aux travailleurs, aux jeunes et aux retraités, confrontés à des pertes brutales de pouvoir d'achat, à des loyers exorbitants de 2 500 € par mois balayés d'un revers de main, et à un exode des jeunes faute de perspectives.
Le leader syndical a réitéré ses exigences d'augmentations salariales immédiates et généralisées ainsi que d'élections anticipées pour mettre fin à « cette agonie qui ne mène nulle part ». « Il nous faut un gouvernement solide qui écoute et sait gouverner, pas celui que nous avons actuellement », a-t-il déclaré.
Ubach a également évoqué les élections en cours au conseil d'administration de la CASS, insistant sur le fait que la viabilité des retraites passe par l'affectation de toutes les cotisations à la retraite et le financement des soins de santé par l'impôt, balayant les allégations de pression fiscale comme trompeuses puisque des cotisations plus élevées augmentent déjà les versements.
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