Experts andorrans prônent une neutralité active avec des liens UE renforcés
À la Diada d'Andorra de l’Universitat Catalana d’Estiu, ministres et ambassadeurs plaident pour moderniser la neutralité par une association proactive à l’UE, diplomatie préventive et respect du droit international face aux risques géopolitiques actuels.
Points cles
- Experts de la 58e Diada d'Andorra rejettent la neutralité isolationniste pour un engagement diplomatique, médiation et alignement UE.
- Imma Tor cite l’invasion ukrainienne comme tournant, avec adoption des sanctions européennes.
- Vicenç Mateu et Gilbert Saboya poussent un accord d’association UE pour souveraineté et accès au marché.
- Consensus : implication stratégique UE essentielle pour protéger l’indépendance face aux menaces mondiales.
Des experts réunis à la 58e Diada d'Andorra, dans le cadre de l'Universitat Catalana d’Estiu à Prada de Conflent, ont esquissé le virage de l’Andorre vers une « neutralité active », positionnant une association plus étroite avec l’UE comme un mécanisme de protection clé face à l’évolution des dynamiques mondiales.
Les participants, dont la ministre des Affaires étrangères Imma Tor, les anciens ministres Gilbert Saboya et Meritxell Mateu, l’ambassadeur auprès de l’UE Vicenç Mateu, les conseillers généraux Berna Coma (DA) et Laia Moliné (PS), la professeure de l’Uda Alexandra Monné, le directeur général du CEA Iago Andreu, le président des Progressistes-SDP Josep Roig, l’ancien chef du gouvernement Jaume Bartumeu et l’ancien secrétaire général de Mitra Joan Massa, ont rejeté les visions traditionnelles isolationnistes de la neutralité. Ils ont promu un engagement via les instances internationales, la diplomatie préventive, la médiation, les efforts humanitaires et le respect du droit mondial, tout en conservant l’absence d’armée de terre et d’alliances de défense.
La ministre Tor a mis en avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie comme un tournant, l’Andorre adoptant les sanctions européennes pour éviter d’être utilisée comme contournement. Elle a décrit cela comme une adaptation de la neutralité aux géopolitiques contemporaines par des mesures proactives.
L’ambassadeur Vicenç Mateu a présenté la neutralité comme un outil pour faire avancer les objectifs nationaux, plaidant pour un alignement avec l’UE – désormais incluant la France, l’Espagne et d’autres – comme une mise à jour des principes historiques plutôt qu’une trahison. « S’aligner politiquement avec l’UE ne nous éloigne pas des enseignements du passé ; cela les modernise pour les nouvelles réalités », a-t-il argué, traitant le bloc comme le voisin englobant de l’Andorre.
Saboya a lié la neutralité active à une souveraineté solide, poussant pour un accord d’association avec Bruxelles sur la politique étrangère afin de sécuriser une intégration stable dans le marché intérieur de l’UE sans adhésion pleine. Il a insisté sur la nécessité d’évaluer la capacité réelle à défendre les intérêts, notant que l’accord équilibre l’accès au marché pour les entreprises avec l’échelle unique de l’Andorre, tout en acceptant des obligations négociées. « Institutionnaliser les liens offre des garanties formelles par rapport aux arrangements ad hoc », a-t-il dit, reconnaissant les défauts de l’UE comme la bureaucratie mais favorisant une adaptation proactive.
Roig et Bartumeu, des Progressistes-SDP, ont vu l’association avec l’UE comme une extension souveraine de la neutralité du XXIe siècle, essentielle pour la sécurité et la prospérité dans un monde interdépendant. Ils ont argué qu’elle préserve la liberté de décision, contre les menaces de marginalisation et intègre l’Andorre dans les normes, droits et défis européens partagés. « Ce n’est pas renoncer au choix mais décider comment coopérer tout en défendant nos institutions et notre identité », ont-ils soutenu.
Massa a appelé à ancrer la neutralité dans les engagements internationaux de l’Andorre, surtout les liens avec l’UE, comme le seul cadre viable sous le droit moderne. Monné a réclamé un examen des actions étatiques dans les sphères légale, diplomatique et de médiation. Mateu a noté une « neutralité protégée » due aux dépendances en sécurité et infrastructures, cherchant des gains d’autonomie en énergie, frontières et numérique. Andreu a suggéré des indicateurs basés sur un spectre, classant l’Andorre en haut mais ajusté post-Ukraine. Moliné et Coma ont mis l’accent sur l’action autodéterminée et la coopération avec les voisins, l’UE et les entités mondiales.
Le consensus est que la neutralité contemporaine exige un engagement stratégique pour protéger l’indépendance face aux sanctions, menaces hybrides et changements de puissance.
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