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Politique·

Andorre verse 175 000 € à UNICEF pour réintégrer 400 enfants de groupes armés en RCA

Le gouvernement andorran s’engage sur quatre ans pour soutenir la libération et la réintégration de ces enfants, avec un accent sur la réunification familiale, l’éducation, la formation et les soins psychosociaux.

Points cles

  • Andorre et UNICEF signent un accord quadriannuel pour 120 filles et 280 garçons de moins de 18 ans.
  • 40 000 € en 2024, 45 000 € par an ensuite ; UNICEF ajoute 400 000 € au total.
  • 80 % des fonds pour réunification, éducation, santé mentale et soutien psychosocial.
  • Renforcement de réseaux communautaires et formation de 30 agents face au conflit en RCA.

Le gouvernement andorran et UNICEF Andorre ont signé un accord de coopération de quatre ans pour financer la réintégration de 400 enfants associés à des groupes armés en République centrafricaine, l’Andorre s’engageant à hauteur de 175 000 euros.

La ministre des Affaires étrangères Imma Tor et la directrice exécutive d’UNICEF Andorre Dàmaris Castellanos ont annoncé l’accord lundi. Il vise 120 filles et 280 garçons de moins de 18 ans, dont certains âgés de huit ans seulement, qui ont occupé des rôles tels que combattants, espions, porteurs, cuisiniers ou victimes d’exploitation sexuelle au milieu d’un conflit qui dure depuis plus d’une décennie. Le financement prévoit 40 000 euros cette année et 45 000 euros par an pour chacune des trois années suivantes. UNICEF Andorre ajoutera au total 400 000 euros, en intégrant la contribution gouvernementale.

Castellanos a souligné que la libération ne marque que le début de la réintégration, qui nécessite des réponses globales pour prévenir un nouveau recrutement. Elle a mis en avant la vulnérabilité accrue des filles face à de multiples formes de violence. Tor a qualifié ce projet de plus importante initiative du ministère cette année et rappelé le partenariat de longue date de l’Andorre avec UNICEF, la protection des enfants dans les conflits armés étant une priorité de coopération. Elle a cité des chiffres pour 2025 indiquant que 234 enfants ont été recrutés par des groupes armés dans le pays.

Environ 80 % des ressources seront consacrées aux services pour les 400 enfants, couvrant la réunification familiale, l’accès à l’éducation, les opportunités socio-économiques, les soins de santé mentale et le soutien psychosocial via des séances, des traitements contre les traumatismes et des orientations. Le projet renforcera également 10 réseaux communautaires de protection pour repérer les enfants à risque et formera 30 fonctionnaires publics, travailleurs d’ONG et membres de la société civile à la gestion des cas.

Castellanos a évoqué les défis de l’acceptation communautaire, les enfants de retour faisant souvent face à la stigmatisation, à l’exclusion ou à des difficultés pour reprendre l’école et la vie quotidienne. Des avancées récentes, dont des accords de paix en 2019 et 2025 avec 16 groupes et un protocole mondial de libération des enfants en 2024, pourraient permettre jusqu’à 2 000 libérations au cours des deux prochaines années.

La République centrafricaine fait face à de graves problèmes humanitaires, comme le taux de mortalité maternelle le plus élevé au monde dû à des infrastructures de santé détruites, de mauvaises routes, des pénuries de médicaments et un manque de personnel. Un rapport de l’ONU l’an dernier a enregistré 32,3 mortinaissances pour 1 000 naissances vivantes là-bas — contre deux en Espagne — et 92,2 décès d’enfants de moins d’un an pour 1 000.

Cela s’inscrit dans l’engagement de l’Andorre envers les enfants dans les zones de conflit et ses liens continus avec UNICEF, y compris avec le représentant spécial des Nations unies pour les enfants et les conflits armés.

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