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Politique·

Tribunal andorran condamne policiers pour détention illégale lors d’arrestation en pyjama

Deux agents ont écopé de peines avec sursis pour avoir retenu une femme en pyjama sans lui permettre de se changer lors d’une saisie de véhicule en 2020 à Andorra la Vella. La cour lui a accordé 1 500 € pour préjudice moral.

Points cles

  • Tribunal des Corts : 19,5 mois de prison avec sursis et 1 500 € de dommages moraux pour deux policiers.
  • Incident de 2020 : détention en pyjama lors d’une saisie à Andorra la Vella.
  • Relaxés pour traitement dégradant ; parquet s’est désisté pour lacunes de formation.
  • Détention viole droits constitutionnels face à protocoles policiers obsolètes.

Le Tribunal des Corts a condamné deux policiers pour détention illégale après avoir retenu une femme en pyjama lors d’une saisie de véhicule en 2020, leur infligeant des peines de prison avec sursis et les obligeant à lui verser 1 500 € de dommages et intérêts moraux.

La cour a prononcé mercredi 19 mois et demi de prison avec sursis, assortis d’une suspension d’un an des droits publics pour les deux agents. Ils ont été relaxés de l’accusation distincte de traitement dégradant. La décision établit également leur responsabilité civile, les obligeant à indemniser la femme pour le préjudice moral subi.

L’affaire remonte à un incident de décembre 2020 dans un parking privé accessible au public, situé sur la Carrer Callaueta à Andorra la Vella. Le propriétaire des lieux a abordé les policiers alors qu’ils exécutaient une saisie de véhicule pour un huissier. Les tensions ont dégénéré en dispute, les agents percevant des insultes et un défi à leur autorité. Ils l’ont placée en garde à vue sans lui permettre de se changer, l’amenant directement au commissariat en pyjama et veste.

Lors du procès, les policiers ont maintenu avoir respecté les protocoles policiers en vigueur, un point corroboré par des hauts responsables dans leur témoignage. Le parquet s’était désisté au préalable, jugeant toute erreur « invincible » et imputable à des lacunes systémiques en matière de formation plutôt qu’à une faute personnelle. La défense plaidait pour une relaxe totale, qualifiant l’incident d’erreur procédurale.

La partie civile, agissant pour la femme, a répliqué que les agents, formés à la protection des droits, auraient dû privilégier les garanties constitutionnelles plutôt que des directives internes obsolètes. Ces règles, mises à jour 2,5 ans plus tard, classent désormais les infractions mineures comme des contraventions traitées par une comparution volontaire et consentie au commissariat. La détention, selon eux, relevait d’une représaille visant à l’humilier, en violation des lois qui priment sur les circulaires policières.

Elle réclamait 22,5 mois de sursis et 10,5 ans d’inéligibilité, mais le tribunal a opté pour des peines plus légères limitées au chef de détention illégale, en tenant compte du préjudice via l’indemnisation. La décision examine les procédures policières et clôt la première instance.

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