Andorre veut purger son registre de 15 000 sociétés pour dissoudre jusqu’à 4 000 inactives
Les autorités andorranes prévoient de nettoyer le Registre des sociétés en dissolvant les entreprises inactives via un projet de loi accéléré, visant celles qui ignorent dépôts et impôts pour refléter l’activité économique réelle et renforcer la transparence.
Points cles
- Registre des sociétés : ~15 000 entreprises, dont +2 500 présumées inactives.
- Inactives : absence de comptes, de déclaration des propriétaires ou d’impôts ; beaucoup sans activité.
- Projet de loi : dissolution en 6 mois après 2 ans d’infractions, amendes jusqu’à 15 000 €.
- Objectifs : transparence, lutte contre le blanchiment, libération de logements vides.
Le gouvernement andorran a présenté un projet de loi visant à purger le Registre des sociétés, qui recense actuellement environ 15 000 entreprises enregistrées, dont plus de 2 500 présumées inactives.
La ministre de l’Économie, de la Présidence, du Travail et du Logement, Conxita Marsol, a détaillé l’initiative lors d’une conférence de presse. Elle a souligné que ces sociétés, pour la plupart des entités de longue date, ne respectent pas les obligations de base telles que la présentation des comptes annuels, la déclaration des bénéficiaires effectifs ou le paiement des impôts. Beaucoup n’ont ni employés, ni locaux commerciaux, ni activité économique réelle, et ignorent les demandes administratives.
Marsol a indiqué que le nombre réel de sociétés inactives pourrait dépasser 2 500 et approcher 4 000, en particulier parmi celles qui n’ont jamais déclaré leurs bénéficiaires effectifs. Le projet de loi instaure une procédure de dissolution administrative sans liquidation pour les entreprises en infraction sur des obligations essentielles pendant deux années consécutives. Une fois l’inactivité signalée, les sociétés reçoivent une notification et une opportunité de répondre, le processus complet étant limité à six mois. Celles qui souhaitent se mettre en conformité disposent d’un mois supplémentaire, bien que Marsol se montre peu optimiste sur les réponses.
Les amendes pour non-conformité vont de 500 à 2 000 euros pour les comptes en retard et de 2 500 à 15 000 euros pour les manquements à la transparence, avec une réduction de 25 % en cas de paiement rapide. Une procédure de sanction simplifiée s’appliquera immédiatement à l’entrée en vigueur de la loi.
Cette mesure vise à aligner le registre sur la réalité économique du pays, à renforcer la transparence et à prévenir les abus, y compris les risques de blanchiment d’argent. Elle s’inspire d’un modèle luxembourgeois.
Un objectif supplémentaire consiste à croiser les données pour identifier les biens immobiliers vides détenus par des sociétés inactives, potentiellement pour augmenter l’offre de logements. Marsol a évoqué des indices préliminaires de logements vacants liés à de telles entreprises, souvent créées il y a des années pour des achats immobiliers ensuite abandonnés.
Le gouvernement soumettra le projet de loi technique au parlement mardi sous procédure d’urgence, visant une mise en œuvre en juin, sous réserve d’amendements. Marsol a insisté sur sa nécessité pour que le registre ne reflète que les entreprises actives.
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