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Economie·

Enquête française révèle fraude de 13 M€ sur voitures de luxe en Andorre

Un schéma impliquant des locations fictives a permis à 170 clients français d’acheter des bolides en Andorre, évitant 12,756 millions d’euros de taxes. Tous risquent des sanctions dans le cadre d’une opération franco-andorrane.

Points cles

  • 170 acheteurs français impliqués dans une fraude de 12,756 M€ via contrats de location fictifs pour éviter TVA 20 % et malus écologique
  • Immatriculations de véhicules haut de gamme (Porsche, Ferrari) en Andorre à 4,5 % IGI
  • Procurer de Toulouse Nicolas Jacquet signale tous les acheteurs ; 20 locaux impliqués, un organisateur identifié
  • Enquête franco-andorrane : 2 arrestations ; cas de crimes fiscaux à Toulouse doublés à 159

Les autorités françaises ont chiffré à près de 13 millions d’euros une fraude fiscale portant sur des achats de voitures de luxe en Andorre, impliquant 170 acheteurs français entre 2024 et 2025.

L’opération reposait sur des contrats de location fictifs pour masquer les ventes, permettant aux acheteurs d’immatriculer des véhicules haut de gamme en Andorre. Cela leur évitait de payer le taux de 20 % de TVA en France, ainsi que le malus écologique — une pénalité française sur les véhicules à fortes émissions. Le montant exact de la fraude s’élève à 12,756 millions d’euros de recettes publiques françaises perdues.

Le procureur général près la cour d’appel de Toulouse, Nicolas Jacquet, a dévoilé ces détails, précisant que les 170 acheteurs ont tous été signalés aux autorités fiscales pour sanctions et remboursements. Une vingtaine d’entre eux résident à Toulouse, une ville aux liens forts avec l’Andorre, et les autorités y ont identifié un responsable local comme organisateur du schéma.

Les enquêtes, menées conjointement avec les autorités judiciaires et fiscales andorranes, ont conduit à deux interpellations en Andorre en 2025. Les deux personnes sont désormais libres : l’une après avoir purgé une peine convenue, l’autre en attente de suites judiciaires. Aucune date de procès n’a été fixée.

Jacquet a salué cet effort transfrontalier, le qualifiant d’exemple fort de collaboration franco-andorrane ayant permis d’identifier les auteurs et les clients.

Le secteur automobile andorran considère l’affaire comme réglée. Le démantèlement des concessions impliquées et la crainte des actions policières dans les deux pays ont mis fin à la pratique, qui visait principalement des clients français. Les ventes de marques comme Porsche et Ferrari sont revenues à un niveau normal fin 2025 et début 2026, légèrement supérieures à celles des zones voisines mais bien inférieures aux pics de 2024.

Des sources du secteur reconnaissent que ces opérations ont exploité une faille réglementaire à des fins lucratives, provoquant une pression française sur les autorités andorranes. Si les acheteurs doivent régulariser leur situation, les poursuites contre les vendeurs andorrans pourraient être abandonnées, les issues des procédures andorranes restant en suspens.

Toulouse a vu le nombre de dossiers de crimes fiscaux doubler en un an, passant de 82 à 159.

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