Tribunal d’Andorre annule expulsion pour petit chien de locataire
La plus haute juridiction a infirmé une décision d’expulsion liée à un chien malgré l’interdiction, insistant sur la nécessité de preuves de préjudice et de proportionnalité.
Points cles
- Tribunal constitutionnel annule ordre d’expulsion du Tribunal supérieur pour petit chien.
- Chambre civile avait qualifié clause no-pets de « nucléaire » sans justifier suppression du préjudice.
- Locataire argue absence de troubles ; parquet soutient le recours.
- Affaire renvoyée pour nouveau jugement ; locataire avait quitté les lieux volontairement.
Le Tribunal constitutionnel d’Andorre a annulé une décision du Tribunal supérieur qui ordonnait l’expulsion d’une locataire pour avoir gardé un petit chien dans un appartement loué, malgré une clause interdisant les animaux dans le bail. Cette décision, publiée mercredi dans le Bulletin officiel de la Principauté d’Andorre (BOPA), demande à la Chambre civile du Tribunal supérieur de rendre un nouveau jugement avec une motivation appropriée.
L’affaire remonte à février 2024, lorsque le propriétaire a assigné les locataires pour faire résilier le bail, invoquant la violation de la clause contractuelle interdisant les animaux sans autorisation. Le tribunal de Batllia avait initialement rejeté la demande. En appel, le Tribunal supérieur a infirmé cette décision le 10 mars, déclaré le contrat rompu, ordonné l’expulsion et menacé d’exécution forcée si les locataires ne partaient pas volontairement.
La chambre avait justifié sa position en qualifiant la règle d’interdiction des animaux d’élément absolu et « nucléaire » du contrat. Elle avait aussi relevé l’opposition constante du propriétaire au chien dès le départ, distinguant l’affaire des précédents.
La locataire a contesté la décision par un recours en amparo devant le Tribunal constitutionnel, estimant qu’elle violait son droit à une décision juridiquement motivée. Elle a argué que le petit chien n’avait causé ni troubles aux voisins ni dégradations, et que des précédents du Tribunal supérieur exigeaient la preuve d’un tel préjudice en plus de la violation contractuelle pour justifier la fin du bail.
Le parquet public a soutenu cette position, demandant l’accueil du recours. Il a reproché à la Chambre civile d’avoir écarté la jurisprudence établie – exigeant à la fois l’intolérance du propriétaire et un préjudice vérifié causé par l’animal – sans explication suffisante.
Le Tribunal constitutionnel a donné raison, jugeant le raisonnement du tribunal inférieur déficient. Il a critiqué la chambre pour avoir supprimé l’exigence de préjudice sans arguments solides, estimant que la simple possession d’un animal ne suffisait pas à elle seule à constituer une violation essentielle. La clause n’avait pas de place particulière dans le contrat, ajoute l’arrêt.
Bien que la locataire ait déjà quitté les lieux volontairement, le tribunal a rejeté l’argument de perte d’objet, relevant un intérêt constitutionnel persistant quant à une éventuelle atteinte aux droits fondamentaux. Aucune condamnation aux dépens n’a été prononcée dans la procédure en amparo, et la Chambre civile doit désormais réexaminer si la présence du chien justifiait l’expulsion sans preuve de problèmes.
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