Conseillère andorrane questionne contrat Microsoft de 3,1 M€ pour risques de dépendance
Une élue social-démocrate alerte sur le contrat de 3,1 millions d’euros avec Microsoft, craignant une dépendance accrue malgré les promesses d’indépendance. Le ministre met en avant unification et diversification en cours.
Points cles
- Laia Moliné critique le contrat Microsoft (licences, Teams, Copilot) dans la stratégie numérique.
- Marc Rossell défend un écosystème diversifié avec +90 fournisseurs et gains d’efficacité.
- Contrat urgent de 3 ans via appel d’offres Andorra Digital pour unifier les systèmes publics.
- 80 % du budget Andorra Digital (2,6 M€) vers des firmes externes, IBM en alternative.
La conseillère social-démocrate Laia Moliné s’est interrogée sur le risque que le modèle de transformation numérique du gouvernement crée une dépendance excessive à Microsoft, après l’attribution directe d’un contrat de près de 3,1 millions d’euros pour des licences et services associés.
L’accord, accordé via une procédure négociée d’urgence à une entreprise locale, couvre une période de trois ans. Lors de la session de jeudi au Consell General, Moliné a insisté sur le fait que ses préoccupations portaient sur l’approche globale d’Andorre plutôt que sur Microsoft lui-même. Elle a rappelé l’objectif antérieur du gouvernement d’éviter une dépendance à un seul fournisseur et souligné un manque de cohérence avec ce dernier contrat. « Andorre construit-elle ses propres capacités numériques ou un modèle de plus en plus dépendant de fournisseurs externes ? », a-t-elle demandé.
Moliné a noté que le contrat va au-delà des outils de base comme Word ou Excel pour inclure des plateformes telles que Teams, Copilot et des systèmes de gestion de données. Elle s’est enquise de savoir si le gouvernement a fixé des limites pour éviter des transitions futures « impossibles » loin de Microsoft en raison d’une intégration croissante.
Le ministre de la Transformation numérique et de la Fonction publique, Marc Rossell, a rejeté les accusations de dépendance, en soulignant un écosystème technologique diversifié impliquant plus de 90 fournisseurs. Il a précisé que l’accord provenait d’un appel d’offres d’Andorra Digital avec plusieurs soumissionnaires, constituant un achat groupé national auquel les entités publiques peuvent adhérer sans nouvelles procédures pour améliorer l’efficacité.
Rossell a argué que l’unification des systèmes fragmentés facilite d’abord les changements futurs et booste la productivité du secteur public. Le ministre a confirmé que des alternatives sont à l’étude pour réduire les coûts et renforcer la souveraineté numérique, citant des systèmes complémentaires comme IBM déjà en usage. Il a ajouté que la solution Microsoft répondait le mieux à l’ensemble des besoins identifiés dans les organismes centraux, paroissiaux, publics et parapublics, compte tenu de l’échelle d’Andorre par rapport aux grands pays optant pour des solutions open source.
Moliné a également relevé que 80 % du budget de 2,6 millions d’euros d’Andorra Digital — soit 2,1 millions d’euros — part vers des entreprises externes, se demandant si Microsoft n’avait pas été favorisé dès le départ. Rossell a maintenu que la sélection priorisait l’unification avant des changements plus larges. Les autorités n’ont pas détaillé de plans alternatifs spécifiques.
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