Tribunal constitutionnel andorran rejette recours dans affaire d'échec de notification d'hépatite C
Le tribunal a rejeté la demande d'indemnisation accrue d'une famille contre le SAAS pour un défaut d'information en 2005 ayant contribué à la mort par cirrhose en 2011. Il confirme 17 000 € en raison d'incertitudes factuelles.
Points cles
- Femme soignée pour problèmes respiratoires à l'hôpital Meritxell en 2005 : hépatite C détectée mais non notifiée.
- Cirrhose diagnostiquée en 2011, décès ; famille réclame perte de chance de traitement.
- Tribunal supérieur accorde 17 000 € total, citant comorbidités et tabagisme.
- Tribunal constitutionnel confirme, rejetant recours pour absence d'arbitraire.
Le Tribunal constitutionnel andorran a rejeté un recours de la famille d’une femme décédée en 2011, confirmant l’indemnisation limitée accordée contre le Service andorran d’assistance et de soins (SAAS) pour ne pas l’avoir informée d’un diagnostic d’hépatite C six ans plus tôt.
L’affaire remonte à 2005, lorsque cette femme a été soignée à l’hôpital de Meritxell pour une grave affection respiratoire. Des tests ont détecté l’hépatite C, mais le personnel du SAAS ne l’a pas prévenue. Elle est revenue à l’hôpital en 2011, où les médecins ont diagnostiqué une cirrhose du foie due au virus, entraînant son décès peu après.
La famille a engagé une action en justice, arguant que le défaut d’information avait empêché un traitement précoce. Une procédure pénale contre le médecin traitant s’est conclue par un acquittement. Elle a ensuite réclamé des dommages et intérêts au SAAS pour dysfonctionnement administratif. Le tribunal de Batllia avait initialement rejeté la demande, mais en mars 2026, la Chambre administrative du Tribunal supérieur a partiellement accueilli le recours.
Ce tribunal a reconnu une « perte de chance » de traitement due à l’échec de communication, mais a accordé des sommes modestes : 5 000 € à chaque enfant, 2 000 € à chaque sœur et 1 500 € à chaque petit-enfant, soit un total de 17 000 €. Il a invoqué des incertitudes, notamment l’absence de preuve qu’une notification plus précoce aurait modifié l’issue fatale, les autres pathologies graves de la femme comme des maladies pulmonaires, et son non-respect des conseils médicaux, comme la poursuite du tabagisme.
La famille, incluant enfants, sœurs et petites-filles, a saisi en 2023 le recours en protection constitutionnelle, réclamant jusqu’à 140 000 € pour préjudice moral. Elle estimait que les montants du Tribunal supérieur – bien inférieurs à leurs demandes de 45 000 € par enfant, 15 000 € par sœur et 10 000 € par petite-fille – manquaient de justification suffisante, violant le droit à une décision dûment motivée.
Le Tribunal constitutionnel a rejeté le recours, estimant le raisonnement du Tribunal supérieur cohérent et fondé sur les faits et le droit. Il a souligné que le droit à une motivation des jugements ne garantit pas leur justesse ou leur qualité, mais seulement qu’ils évitent d’être illogiques, absurdes ou arbitraires. Le tribunal a relevé quatre incertitudes factuelles, dont la question de savoir si la femme aurait accepté ou toléré les options de traitement de 2005 compte tenu de ses comorbidités. Il a aussi rappelé le caractère probabiliste des demandes de « perte de chance », qui réduisent intrinsèquement l’indemnisation par rapport à une causalité prouvée.
Cette décision clôt l’affaire, confirmant la responsabilité partielle du SAAS sans établir de lien causal direct avec le décès.
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